RESUME DU « HUITIEME RAPPORT DU SECRETAIRE GENERAL SUR L’OPERATION DES NATIONS UNIES EN COTE D’IVOIRE »

 

           Ce rapport rend compte de la période allant du 3 janvier au 11 avril 2006.

           Au titre de l’évolution de la situation politique, le rapport signale l’attaque lancée, le 2 janvier 2006, contre la (les) caserne (s) d’Akouédo et les manifestations violentes organisées du 15 au 20 janvier 2006, à Abidjan et à l’ouest du pays, par les « jeunes patriotes » pour, selon eux, protester contre un communiqué du Groupe de travail international (GTI) du 15 janvier 2006 notant que le mandat de l’Assemblée nationale qui avait expiré le 16 décembre 2006 n’avait pas à être prolongé, et invitant le Président Laurent GBAGBO et le Premier Ministre Charles KONAN BANNY à confier aux Députés des missions de paix.

          Suite au déplacement, pour Abidjan, en date du 18 janvier 2006 du Président OLUSEGUN Obasanjo, assurant la présidence de l’Union africaine, le calme est revenu.

         Le 27 janvier 2006, le Président GBAGBO a « signé un décret prorogeant le mandat des Députés à l’Assemblée nationale. »

        Toujours selon le rapport de Monsieur KOFI Annan, « l’ancien Président de l’Assemblée nationale » a demandé la tenue d’une session extraordinaire du Parlement pour examiner la prorogation du mandat des maires.

         En application d’une recommandation du séminaire organisé du 9 au 11 février 2006 concernant la mise en œuvre de la feuille de route élaborée par le GTI, le Premier Ministre a organisé, le 28 février 2006, une réunion des principaux responsables politiques, à savoir, le Président GBAGBO, le Président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, Monsieur Henri KONAN BEDIE, le Président du Rassemblement des Républicains, Monsieur Allassane OUATTARA, et le Secrétaire Général des Forces nouvelles, Monsieur SORO Guillaume.

       Avec la participation active du Haut Représentant pour les Elections, Monsieur Antonio Monteiro, un accord a été conclu tendant à une représentation équilibrée des forces politiques au sein de la Commission électorale indépendante en vue de sortir de l’impasse politique prolongée dans laquelle se trouvait ladite commission.

Après une absence de 16 mois, ajoute le rapport, Monsieur SORO Guillaume est arrivé à Abidjan où il a rencontré immédiatement le Président GBAGBO…

 

 

 

Suite Résumé du huitième rapport du Secrétaire Général sur l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire.

 

      Selon le huitième rapport du Secrétaire Général sur l’ONUCI, les violentes manifestations organisées par les Jeunes Patriotes du 15 au 20 janvier 2006 ont entraîné une forte détérioration de la situation sécuritaire : obstruction à la liberté de mouvement des forces impartiales ; mort de cinq émeutiers à Guiglo ; départ temporaire des forces impartiales de l’ouest, ainsi que des organisations humanitaires.

Le Secrétaire Général des Nations Unies n’a pas encore reçu de réponse, note le rapport, à la lettre qu’il a adressée au Président GBAGBO pour demander aux autorités ivoiriennes de rembourser à l’ONU les 3,6 millions de dollars de dégâts causés par les manifestants.

      Du 25 janvier au 28 févier 2006, 382 membres du personnel de l’ONUCI ont été réinstallés dans des pays de la région et progressivement redéployés à Abidjan.

Toujours selon ledit rapport, le 28 mars 2006, une compagnie d’infanterie a été redéployée à Bloléquin, après une absence d’un mois, accompagnée d’une unité de police constituée.

       Plusieurs incidents ont opposé les forces françaises de l’opération Licorne et les Forces armés nationales de Côte d’Ivoire autour des villages de Bouenneu et de Zouan-Hounien, dans la zone de confiance, du 26 février au 2 mars 2006. Les habitants de Bouenneu ont été accusés par les FANCI de soutenir les forces françaises.

Au cours de la période considérée, l’ONUCI a procédé à 120 inspections au titre de l’embargo sur les armes et continue de surveiller les principaux aérodromes et ports maritimes.

       Au titre du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, le rapport rappelle que son coût est estimé à 150 millions de dollars, soit environ 85 milliards de francs CFA.

Concernant le processus électoral le Secrétaire Général indique que 11 000 bureaux d’inscription sur les listes électorales et 18 000 bureaux de vote sont prévus. L’Union Européenne, la France et le Royaume Uni ont apporté une contribution d’environ 1,2 millions de dollars pour le financement d’un projet de 3,6 millions de dollars, au titre des activités du Haut représentant pour les élections et de son bureau qui manquaient de fonds.

       S’agissant du déploiement de l’ONUCI, l’effectif militaire était de 6893 casques bleus, sur un effectif autorisé de 7090 hommes, au 31 mars 2006. Manque encore un groupe aérien, selon le rapport.

        A la même date, la composante police comptait 696 éléments sur 750 autorisés.

        Monsieur KOFI Annan réitère ici ses recommandations tendant au renforcement des effectifs de l’ONUCI de quatre bataillons, de trois unités de police constituées supplémentaires et de 100 policiers, ainsi que du personnel civil supplémentaire requis.

       Toujours selon le huitième rapport sur l’ONUCI, le système judiciaire ivoirien est affecté par « l’influence politique, la corruption, le copinage, le népotisme, la dépendance à l’égard du pouvoir exécutif et le manque de confiance des justiciables.

       Dans ses observations finales, Monsieur KOFI Annan relève que les défis à relever sont nombreux qui, s’ils ne l’étaient pas, empêcheraient l’organisation des élections avant le 31 octobre 2006. il recommande donc qu’un message clair soit adressé aux parties ivoiriennes que « si les délais prévus pour l’organisation des élections n’étaient pas tenus, la communauté internationale ne sera pas en mesure d’accepter de prolonger encore une fois les arrangements actuels pour la conduite des affaires publiques.

 

 

NB. Il est indiqué au paragraphe 2 dudit rapport (une coquille) que le Premier Ministre Charles KONAN BANNY a formé son gouvernement le 28 février 2005. il convient plutôt de lire "28 décembre 2006".

       Le paragraphe 7 du rapport souligne aussi que le 27 janvier 2006, le Président GBAGBO a signé un décret prorogeant le mandat de l’Assemblée nationale. En fait, il s’agissait plutôt d’une déclaration par laquelle le Président disait prendre acte d’un avis du Conseil constitutionnel du 15 décembre 2005 favorable au maintien en fonction de ladite Assemblée avec ses pouvoirs.